Ishola Akpo

Ishola Akpo est un artiste multimédia et photographe béninois. Tout en expérimentant les possibilités du numérique et en mélangeant ses thématiques, il joue sur différents niveaux de lectures des images et en fait des métaphores plurielles. Les images mixtes, entre réalité et fiction, restent au centre de son travail.

Dans la série photographique « Daïbi » sur les chasseurs Nago de la région de Savè (Bénin) il met en scène Daïbi dieu imaginaire  réunissant les quatres éléments naturels : l’eau, le feu, l’aire et la terre. L’exploration  des pratiques  culturelles et cultuelles révèle sa volonté de renouer avec ses origines et pose dans un  même  mouvement un ensemble  de réflexions sur l’identité multiple.

En résidence à Jardin Rouge, Ishola Akpo réalise un travail en continuité avec la série « daïbi ». La photographie représente pour Ishola Akpo un « moyen d’expérience de soi et du monde ».

Lire la biographie et le C.V. intégral de  Ishola Akpo

En savoir plus sur le projet IN-DISCIPLINE#1

Demander le CATALOGUE des oeuvres disponibles de Ishola Akpo

(Sélection d’expositions)

2018

IN-DISCIPLINE#1, espace Expressions, Fondation CDG, Rabat, Maroc

IN-DISCIPLINE #1, espace Montresso*, Marrakech, Maroc

2017

Prix Orisha pour l’art contemporain, Galerie l’Appartement, Paris, France

Chaos-monde!, Le centre, lobozounkpa, Bénin

IyEye of Benin, Comparing views on rituals, Venise, Italie

Passant souviens-toi, dit soeurette, Place des martyrs Cotonou, Bénin

2016

Rituals and performance: inherent risk, Lagosphoto festival, Nigéria

Africa Pop, Les Rencontres de la photographie, Arles, France

2015

Africa Contemporanea Atraès Do olhar de seus artistas, Aquiafrica, Sao Paolo, Brésil

Encontre de Brasil E Africa Contemporanea, Festival afreaka, Sao Paolo, Brésil

Museum Night Fever, Wiels Centre d’Art Contemporain, Bruxelles

VIDEOS de Ishola Akpo

DES CHASSEURS ET DES DIEUX
Par Giscard Bouchotte, Independant curator

Plusieurs légendes Yorouba valorisent les chasseurs notamment ceux de Nago de Savè.  L’Afrique des chasseurs inspire le photographe Ishola Akpo pour sa nouvelle série dans laquelle il campe un dieu imaginaire : Daïbi. Ce dernier rentre dans le panthéon des dieux sans le cérémonial habituel. Le photographe lui prête ses propres origines, mais aussi son corps  et ses fantasmes. René Char disait qu’on n’est pas responsable de ses obsessions.

S’inspirant de l’univers du dieu Ogun, le photographe invente une autre divinité à identités multiples dont les origines se trouvent dans le Nigéria actuel avec une forte  présence au Bénin et des ramifications dans la Caraïbe, la diaspora vaudou présente au Brésil, à Cuba et en Haïti. Gu (Ogoun), dieu du fer, est avant tout célébré par les forgerons mais aussi les chasseurs qui le vénèrent. Aucun sacrifice n’est possible sans un couteau en fer.

Le couteau des chasseurs de Savè comme celui d’Abraham qui égorge son fils est au service des sacrifices. Le sang qui coule est sacré. Ici, dans la série Daïbi, le photographe fait du couteau un attribut, au même titre que les nombreux

accessoires que porte le dieu (chapeau yoruba bleu, chapeau marocain rouge, chapeau berbère, des clochettes). A l’image des chasseurs, il s’enduit de poudre à canon pour acquérir de la force ; comme tout dieu et toute déesse, il est asexué.

Ainsi la série Daïbi soulève davantage de questions que de réponses sur les dichotomies qu’on a tendance à séparer plutôt que de les voir ensemble comme complémentaire : peut-on être mi homme mi dieu au lieu d’être soit un homme soit un dieu ? Peut –on être à la fois un dieu chasseur et un chasseur de dieux ? Autant de questions subtiles qui renvoient aux obsessions de l’artiste (la question d’identités multiples), celle de la libération du corps des contraintes sociales (depuis les redresseurs de Calavi) ou celle des objets sacrés (exploré dans la série Les mariés de notre époque).

En se mettant à la fois derrière et devant l’objectif, procédé que le photographe avait déjà utilisé pour la série « Pas de flash s’il vous plait !», Ishola Akpo explore le monde imaginaire, seul monde sans frontière géographique, dans lequel on peut se permettre d’inventer des dieux, et qui nous en dit long sur notre monde actuel.

EVENEMENTS de Ishola Akpo

COPYRIGHT © MONTRESSO 2016